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Définition

Depuis la nuit des temps, l’homme utilise la narration comme méthode d’apprentissage et de mémorisation de l’information. Les bonnes histoires sont le meilleur moyen de persuasion. Elles inspirent, elles influencent, elles dévoilent, elles connectent et elles nous poussent à agir.
Les histoires et les récits nous fournissent un moyen simple, et accessible à tous, de communiquer les idées complexes, les messages importants et les leçons apprises.

A lire

Guide de la Direction du développement et de la coopération de la Confédération Helvétique DDC pour l’emploi du récit et des techniques de narration dans la coopération au développement, version du praticien (projet); Thematic Service Knowledge and Research in Collaboration with Sparknow Ltd., London
http://www.km4dev.org/index.php?module=uploads&func=download&fileId=264 (en anglais)

Ce guide présente un grand nombre de méthodes et d’études de cas qui aideront les praticiens à implanter ou utiliser les techniques de narration au sein de leur organisation. Il fournit des orientations étape par étape et comprend une liste du matériel nécessaire pour chaque méthode présentée. Il présente également de nombreux exemples. Le guide est structuré de manière à aider le lecteur à trouver la méthode qui lui convient le mieux, en fonction de sa situation et de ses besoins particuliers. Les études de cas sont toutes liées au secteur du développement et constituent, en cela, une ressource des plus utiles.

Extrait de cet ouvrage
Le recours aux objets et à la démonstration
Utiliser des objets pour éveiller les souvenirs, ressusciter des histoires oubliées et trouver le fil conducteur permettant de partager questions les plus complexes.

Le recours à divers objets lors de la narration d’histoires ou de récits fait resurgir les souvenirs d’expériences précises et crée un attrait visuel pour l’audience. Les objets, à l’inverse des mots imprimés sur une feuille de papier, ont le double avantage d’évoquer et de renfermer des histoires, et de transmettre l’essence symbolique d’une chose. En tant que symboles représentant le cœur même d’une idée ou d’une expérience, ils sont faciles à retenir. Et comme il s’agit d’objets concrets, on peut facilement les utiliser pour en faire une collection, les présenter en exposition ou encore les mettre en vitrine. Le caractère répétitif et interdépendant de toute une série d’éléments qui auraient pu être passés sous silence est alors mis en évidence, suscitant de la sorte un plus grand intérêt des participants pour le sujet qui les concerne.

Principales Applications de la méthode
Réfléchir à ce que l’on fait (DDC) – Comprendre les faiblesses de nos valeurs
Bâtir des communautés – Créer une alchimie, un sentiment de confiance et d’appartenance
Apprendre grâce aux autres et innover – Stimuler les nouvelles idées et les connexions

Matériel
  • Grande table bien éclairée sur laquelle seront exposés les objets
  • Appareils photos numériques et polaroïd
  • Nappe blanche ou de couleur vive
  • Supports verticaux, tels qu’un tableau en liège, des pochettes transparentes et des grosses punaises permettant d’attacher solidement les objets
  • Un fil d’étendage et des pinces à linge, et des pochettes transparentes pour suspendre les objets
  • De la ficelle et des ciseaux

Méthode
On peut faire toutes sortes de choses avec des objets, en ayant recours par exemple à l’art d’installation, à l’idée de classification ou à la simple exposition. Un exemple est fourni par la Foire « Osez partager votre savoir » (Dare to Share Fair), organisée au siège de la DDC en mars 2004. Sparknow a dirigé deux ateliers expérimentaux, prenant place dans une tente de bédouins, en utilisant des objets dans le but de stimuler l’apprentissage et de transmettre les connaissances. Le processus s’est déroulé de la manière suivante:
  1. Un message électronique, en quête d’objets originaires de toutes les régions du monde, avait été envoyé à tous les membres de l’organisation. Cette demande a provoqué un partage sans précédent d’objets de toutes sortes, ainsi que des histoires qui y étaient associées.
  2. Avant la tenue de l’atelier dans la tente de bédouins, les facilitateurs ont dispersé tout le contenu de la boîte d’objets sur une table installée près de la tente. Cet étalage a éveillé la curiosité des passants, donnant souvent lieu à de longs bavardages.
  3. Dès leur arrivée, les participants à l’atelier étaient invités à se rendre vers la table et à choisir l’objet qui les aiderait à raconter une histoire sur un moment précis de leur vie où ils se sentis membre à part entière d’une communauté, d’une équipe ou d’un réseau sur le lieu de travail.
  4. Les participants ont formé des groupes de quatre personnes en vue de communiquer, oralement, leur expérience personnelle. A cette étape de l’exercice, rien n’est écrit.
  5. Les facilitateurs ont ensuite demandé à chaque groupe a) soit de choisir une histoire qui serait ensuite développée en une version approfondie, plus solide, b) soit de faire le mélange ou l’amalgame des histoires du groupe pour aboutir à un récit unique qui soit le reflet des quatre histoires précédentes ou qui en donne une vue d’ensemble.
  6. Une des premières versions du Formulaire en 7 questions sur la structure d’une histoire (7-Element Story Structure Template) (voir page149) avait été remis aux groupes afin de les aider à synthétiser leur histoire. Certains groupes en ont fait un cadre d’interview, transformant les questions en différentes rubriques. Dans tous les cas, le conteur initial n’avait rien le droit d’écrire. Ce processus de perfectionnement du groupe permet au conteur de préciser le message, ainsi que la signification et la cohérence de son récit.
  7. Chaque groupe a désigné un nouveau conteur chargé de raconter l’histoire en séance plénière, en s’aidant, au besoin, des objets disponibles.
  8. En fin de session, les participants ont débattu des thèmes qui avaient émergé et ont réarrangé les récits de groupes et les objets de manière à créer, au même endroit près de la tente, une nouvelle exposition, qui n’allait pas cesser de s’enrichir tout au long des deux journées de foire.
  9. Chose imprévue, cette exposition évolutive a incité ceux qui avaient déposé des objets à venir partager les histoires qui leur étaient effectivement associées. Les propriétaires de ces objets ont été pris en photo, puis leurs histories ont été rédigées et reproduites dans un album, souvenir aujourd’hui en possession du Département de la connaissance et de la recherche de la DDC.

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