Méthode Accélérée de Recherche Participative (MARP)


Brève description (en incluant si possible une définition)


Comme pour la Méthode Accélérée de Recherche Rurale (MARR), il est difficile de définir ce qu'est exactement une MARP (certains préfèrent même ne pas la définir et parler d’« une famille d'approches »). La MARP a les mêmes principes fondamentaux que la MARR (rapide, multidisciplinaire, observations, etc.), mais cette fois, c’est la population locale même qui est encouragée à analyser sa propre situation et à planifier des activités pour l’améliorer.
Les trois piliers fondamentaux de la MARP (et les différences fondamentales avec la MARR) sont:1. le comportement et l’attitude des personnes extérieures, qui est de faciliter plutôt que dominer ;2. les méthodes, qui sont ouvertes, orientés vers le groupe, visuelles et comparatives ;3. le partage d'informations, de nourriture, d’expériences, etc. entre les personnes extérieures et les personnes concernées.
En ce qui concerne les outils employés, il y a deux aspects saillants :
1. « Passer la main » : au lieu que la personne extérieure s’efforce de comprendre les connaissances des gens, ce sont ces derniers qui sont encouragés à développer leurs capacités. Ils recueillent et analysent les données et proposent des actions à entreprendre.
2. « Visualisation et partage » : les gens transmettent leurs idées et leurs connaissances de manière visuelle. Dans une communication verbale, la personne extérieure a tendance à dominer le dialogue (par un regard, des recoupements, etc.) plus facilement que dans la communication par des aides visuelles. Quand une carte est tracée avec un bâton sur le sol, tous peuvent y contribuer, et les gens se sentent plus sûrs d’eux que devant une carte tracée par la personne exté­rieure sur un morceau de papier avec un stylo, symbole du pouvoir de la personne extérieure. Le partage, cela implique aussi explicitement le partage de la nourriture et du logement pendant la MARP.

Historique (si opportun)

A la fin des années quatre-vingt, la méthode accélérée de recherche participative (MARP) a été développée en réponse à la méthode accélérée de recherche rurale (MARR), jugée trop mécanique et trop extractive dans sa mise en œuvre. Dans les MARP, le groupe de cible est encouragé à apprendre et le rôle de la personne extérieure est réduit à celui de facilitateur du processus d'apprentissage.

Quand l’utiliser

La MARP vise à renforcer l’autonomie de la population locale, en encourageant les gens à partager, améliorer et analyser leurs connaissances et conditions de vie, et à planifier, agir, contrôler et évaluer.

Les outils les plus communément employés :
- la cartographie participative : un groupe de villageois fait une carte de la communauté. La manière dont ils la font et ce qu'ils trouvent important fournissent de bons points de départ de discussions sur les aspects cruciaux de la vie du village ;
- les transects villageois : l’équipe se promène avec un (petit) groupe de villageois dans le village (ou une autre région pertinente) et discute les choses observées ;
- le classement : il est demandé aux gens de comparer des unités (par exemple familles /arbres /récoltes) et de les grouper selon leurs propres critères. Par exemple, en comparant deux à deux l'importance de certains arbres, les gens découvrent les critères qu’il utilisent pour évaluer l'utilité de ceux-ci. Le classement est aussi employé pour stratifier la population locale, par exemple classement par richesses. Les résultats du classement et les critères utilisés fournissent des points de départ de discussions.
- les rappels historiques : l’histoire des familles est évoquée et les événements principaux sont utilisés comme point de référence dans l'analyse de la situation actuelle ;
- les calendriers : les gens indiquent les choses qui changent dans le temps, par exemple le mois où ils doivent emprunter l'argent, quand leurs enfants sont atteints de paludisme, quand les pluies sont normalement attendues, etc.

La combinaison des informations obtenues à l’aide de tous les outils fournit aux villageois une image explicite de leur vie quotidienne. Non seulement, cette méthode les aide à commencer une discussion sur leurs problèmes principaux et sur la façon d’y remédier, le fait d’être capables de faire eux-mêmes cette analyse leur donne aussi plus de confiance en soi.

Comme la MARP cherche à aider les gens à planifier, réaliser, contrôler et évaluer leurs propres plans d'action, en théorie, la MARP ne devrait être employée que pendant la mise en œuvre d'un projet. Comme la MARP vise à ce que les gens entreprennent eux-mêmes des actions, elle est la plus adaptée au niveau communautaire.

Ressources requises


  1. Le temps dépensé par communauté est généralement de 3 à 7 jours. Pour la suite, il faut beaucoup plus de temps. Si on envisage sérieusement qu'une communauté entreprenne des actions basées sur la MARP, il faudrait être disponible pour au moins une ou plusieurs années afin de faciliter les changements désirés, si la communauté vous le demande.
  2. Une MARP doit être effectuée par un personnel expérimenté ; les facilitateurs doivent être très bien formés. Comme une MARP nécessite un changement d'attitude de la part de la plupart des animateurs ou du personnel de terrain analogue, une courte période de formation d'une semaine n’est pas suffisante.
  3. Cette méthode ne requiert pas beaucoup d'argent ni beaucoup de matériels.



Exemples et récits (ajouter les vôtres)


Points forts


  1. La MARP représente une étape importante depuis la MARR. Les gens font l'analyse et planifient pour l'avenir. Leurs propres valeurs, leurs propres besoins et leurs priorités propres en sont le point de départ. Ils développent eux-mêmes des critères pour classer les aspects de leur vie. Grâce à une meilleure compréhension de la situation (pour les personnes concernées et les personnes extérieures), les plans sont plus réalistes et les gens se sentent beaucoup plus impliqués dans les activités planifiées.
  2. Les nombreuses façons différentes de voir la réalité quotidienne et la visualisation offrent de bonnes opportunités d’aller au-delà des points de vue les plus évidents et prédominants de la communauté. Le seul avertissement à faire ici est qu’il faut éviter d’accorder trop d'attention aux discussions/activités en groupe car cela pourrait entraîner la domination de certains groupes dans la discussion.
  3. La méthodologie est ouverte à la modification ; tout le monde peut développer de nouveaux outils et de nouvelles manières d'organiser les choses. La MARP peut donc s’appliquer à une très vaste gamme de situations. En effet, elle a été utilisée dans des régions urbaines et rurales, dans des pays en voie de développement et des pays industrialisés, dans l'agriculture, dans la santé et dans des programmes sociaux.
  4. La MARP peut aussi être employée pour recueillir des données ; les gens sont capables de générer et/ou de collecter des données fiables qu'ils analysent et emploient eux-mêmes à des fins de planification.


Risques


  1. Comme pour la MARR, on a encore le gros problème de définir ce qu'est exactement une MARP et comment il faut la mettre en œuvre. Le débat sur ce sujet est vif et n’est pas encore résolu. Les scientifiques sociaux qui ont mis au point cette méthode sont invariablement déçus quand ils voient comment les MARP sont appliquées par d'autres. Il y a assdez bien d’ouvrages sur ce qu’on appelle « les mauvaises pratiques ». Les scientifiques sociaux réclament un renversement de la façon de penser des professionnels (lisez « experts techniques »), mais apparemment ils n’ont pas encore réussi à se faire entendre de leur groupe de cible.
  2. Il faut mentionner les « mauvaises pratiques » suivantes :

- les MARP sont réalisées machinalement ; les outils sont employés, mais le personnel et les organisations impliquées n’ont pas changé leur attitude ;
- les aspects techniques des problèmes sont considérés comme cruciaux au détriment des aspects socio-politiques ;
- la diversité locale est ignorée, aussi bien dans les aspects techniques (par exemple, unités de sol) que dans les aspects sociaux (par exemple, les différents intérêts des différents groupes sociaux dans le village tendent à être minimisés dans le processus) ;
- un aspect spécifique trop souvent négligé dans le point précédent est le genre ;
- les connaissances locales sont souvent inventoriées mais ne sont pas réellement employées ;
- il n'y a guère de relation entre la MARP et ce qui est fait par la suite ;
- pendant la MARP, l'équipe est dominée par des experts extérieurs qui laissent au personnel (local) du projet un rapport plein de bonnes intentions mais ayant peu de sens pratique.


Ces aspects sont liés entre eux, or, les MARP sont trop souvent des activités isolées. Elles ne font pas partie d'un changement institutionnel et personnel dans l'attitude envers le développement et le renforcement de l’autonomie des gens. Le potentiel des MARP ne peut être employé que dans le contexte d'une stratégie participative plus large. C’est une chose de conclure dans une MARP avec les villageois que le leadership du village est faible, c’en est une autre d’aider les gens à l'améliorer. Dans la littérature sur les MARP, on a trouvé peu d’outils qui pourraient servir à traduire l'analyse en un plan d'action. Malheureusement, il en est de même pour le terme nouvellement forgé : Apprentissage et action participatifs (AAP) qui est de plus en plus employé comme synonyme de MARP. Certains critiques soulignent le fait que les MARP sont encore dominées culturellement par le désir des personnes extérieures d’apprendre ; Mosse (in Okali et al.) le résume comme suit :
- les notions de caractère informel sont définies en fonction de la culture et liées à la situation ;
- l'attirail de la MARP (tableaux, cartes) peut laisser perplexe plutôt qu’inciter à la participation ;
- les outils visuels sont très attrayants pour les personnes extérieures qui ne comprennent pas la langue ;
- les événements collectifs accentuent le général plutôt que le particulier qui pourrait être plus intéressant ;
- la plupart des MARP sont souvent menées de façon trop technique (malgré le discours contraire).
En termes de contenu, les MARP tendent au « nombrilisme ». On accorde beaucoup d'attention aux problèmes locaux tandis que les aspects à plus grande échelle sont facilement omis même s’ils sont très importants (voir entre autres Sellama, 1999).

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Méthodes, outils, pratiques apparentés



Ressources (ajouter les vôtres)

FAO Participation: Méthode Accélérée de Recherche Participative

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